mardi 17 septembre 2013


Voir Burgos... et y revenir !

Contexte : j'ai écris ces mots sur différentes petites feuilles volantes, quand un besoin d'écrire m'a surpris. Jen ai rempli plusieurs que j'ai rangé soigneusement ou négligemment, à vous de juger, dans une de mes poche revolver de mon pantalon. Et figurez-vous que lors de notre retour à l'hôtel, après une dure journée de labeur, ces feuilles volantes portèrent bien leur nom et prirent la poudre d'escampette. Je les ai presque toutes récupérées sauf la première. Anecdote cocasse s'il en est, cela rend cet article plus vrai à mon avis. Et cela me permet de vous inviter à un jeu. Je vais donc commencer l'article pour trois points de suspension, libre à vous d'en imaginer les paragraphes qui précédèrent. Bon amusement !
...

Je discutais avec une spectatrice (elle en français, moi en espagnol, échange de bons procédés) et elle me disait un grand sourire aux lèvres – ici on ne pleure pas, on sourit derrière des lunettes de soleil. Peuple fier – et elle me disait qu'elle était retombée en enfance, que de souvenirs de balades en bord de mer dans le sable, d'après-midi insouciantes au bord de la rivière étaient remontés à la surface... et qu'elle aimerait que sa fille ait les mêmes mais qu'elle en doutait fortement ? Son large sourire était à la hauteur de son émotion, parenthèse de vie...

Pays différent, culture différente. Pour résumer, une image me vient rapidement à l'esprit. Celle d'une mère qui allaite son enfant en pleine rue, discutant de tout et de rien avec une autre personne sur le coup des 22h, tout à fait naturellement. Je ne sais pas moi mais avec un môme d'à peine quelques semaines c'est pas vraiment dans cette situation là que j'imagine une mère... Mais ici pas de soucis, c'est normal ! Pays (ou ville, je n'arrive pas à être sûr) de l'enfant roi aussi, ou alors les parents que j'ai croisé sont des clettes en éducation. Je me suis surpris plusieurs fois à me dire que si on était en francophonie j'aurais déjà poussé une sévère gueulante ! Mais les rires et les regards enjoués de ces petits bouts à la sortie du spectacle ont vite fait d'effacer ce sentiment.

Une autre chose cocasse qu'une des comédienne m'a fait remarquer est le détail vestimentaire ultime suivant. C'est vrai que les gens d'ici sont bien habillés. Soit très classy soit à la pointe de la mode (le plus décontracté étant pour les hommes un polo de marque, une blouse apprêtée pour ces dames). Une certaine forme d'ultra-conservatisme vestimentaire au fond. Mais, et on en arrive au coeur du propos, ce qui est fou c'est que 95% des gens (hommes-femmes-enfants) ont des chaussures assorties à leur tunique ! Il y a toujours une couleur commune entre leurs souliers et le reste de leur corps. Et du flashy des fois hein ! Ca donne un peu l'impression que lea ville au complet va à une communion ou un baptême... En fait on remarque facilement un touriste ici. Il suffit de comparer ses chaussures au reste et si ça match pas, ben s'en est un ! ...ou un artiste.

Ce qui a de bien avec ce spectacle, c'est que certaines personnes sont vraiment très touchées à leur sortie. Je pense honnêtement que ça en a changé plusieurs. J'aime particulièrement ces moments là, lorsque la personne sort on voit tout de suite à quel point l'expérience a été intense ou non pour elle. Voir à quel point cela les a ému est franchement une belle récompense pour l'équipe. Il faut parfois plusieurs minutes aux gens pour atterrir et reprendre leurs esprits. C'est assez magique. Et puis voir un gros balèze tatoué à l'allure pas très engageante au premier abord sortir de là avec des étoiles plein les yeux et te faire en espagnol et en levant le pouce un « GENIAL ! » bien castillan, le -g- comme une grosse lime à bois râpant une énorme planche en chêne, ben ça n'a pas de prix !

C'est pour ces moments là que, malgré les heures de routes, les montages/démontages parfois pas évidents, les hotels parfois miteux, la bouffe pas toujours au top, les jours de travail interminables, le mal de dos, la fatigue, la paie qui suit rarement les heures travaillées, oui malgré tout ça c'est pour ces moments de partages uniques que j'adore mon métier. Cela peut durer une micro-seconde comme une heure, mais c'est tellement précieux et enrichissant!

Autre instant qui vaut le détour, c'est cette dame espagnole d'une quarantaine d'années, habituée du festival de Burgos que j'avais rencontré l'année passée et qui, passant aux alentours de la caravane me regarde et dit « es el chico del ano pasado ! » Elle me reconnait donc, avant moi, et puis sa tête me dit quelque chose. Ok je me souviens aussi. Et nous voilà discutant le bout de gras pendant 20 minutes tranquillement (le tout en espagnol, pas tout tout compris quand même), presque comme de vieux amis qui se retrouvent après un an ! C'était presque irréaliste comme situation !

Bref, tout bien ces quelques jours. Et comme dernière image de cette tournée je vous parlerai des paysages de Castille y Léon au petit matin sur le chemin du retour. Le soleil se levant et dont les rayons ambres-abricot lèchent lascivement les monts pelés de la région. Les crocs rocailleux entre lesquels nous serpentons, qui nous escortent. Les reliefs plus marqués du pays basque flottants sur un tapis de brume, reste d'une torpeur nocturne qui peu à peu se réveille, traversé par une langue de bitume que nous suivons à la trace...

Je vous laisse à votre imagination et vous dit à la prochaine...







1. Bienvenue à Burgos!
2. Le parc où nous jouions
3. Vamos!
4. Un peu de lumière...
5. ...sur le chemin du retour

mercredi 17 juillet 2013

quelques jours au domaine d'Harcourt


Nous sommes partis début juillet pour une création originale et unique en Normandie, dans le domaine d'Harcourt avec la Cie Songes... j'ai pris le temps de griffonner quelques idées lors de ces quelques jours épiques! Bonne lecture! 


Ce qui est bien avec les arrivées de nuit, c'est qu'on découvre les alentours d'un hébergement le lendemain matin. Magnifique bâtisse en colombage, toit pointu entouré de dépendances en chaume, petits géraniums et vieux luit dans la cour centrale. On est en Normandie, pas de doute. Et le petit crachin - pas si petit que ça finalement - nous le confirme.  Nous sommes un grand nombre pour une tournée, 9. Toutes les places disponibles dans le camion en fait. C'est assez rare de "sortir" à autant de monde, la semaine promet d'être épique. Déjà les discussion interminables sur les manoeuvres délicates avec la remorque, les blagues à la con et la franchise parfois abusive n'augurent que de bons souvenirs. Déjà la vie en communauté est agréable, je retrouve avec plaisir le fait de se lever le matin en premier, prendre une rapide douche et mettre la table pour tous, griller de la brioche et lancer le café. Pour ceux qui connaissent, Vercorin n'est vraiment pas loin…

Puis le truc de malade aussi, c'est que le domaine où nous allons mettre en place "Le Bal d'Harcourt" est juste magnifique. Arbres centenaires, classés, espace gigantesque, prés, fauchage tardif, douves, château, pfffffft un vrai gosse moi là-dedans! Seule inquiétude actuelle, l'alimentation électrique. J'ai le plaisir de devoir illuminer ce lieu, vrai terrain de jeu pour un éclairagiste, et si je suis limité en puissance électrique je vais être frustré d'une belle manière!


Bon après avoir discuté, tergiversé, convaincu, loué ce qui n'était pas prévu par l'organisation on déssere un peu les fesses car tout va bien au niveau électrique! Première journée consacrée au réglages des soucis électriques donc, au montage de la yourte pour certains, réunions de création artistique pour d'autres, toujours dans un cadre presque magique, entourés d'arbres centenaires classés, au bord des douves d'un château du 13eme… Et le climat ne fait que rajouter à cette ambiance particulière. crachins normands et grands soleils jouent à cache-cache. 
Le plaisir aussi le soir de jouer à la pétanque alors que le repas mijote à feux doux, que les musiciens répètent leurs accords, les danseuses leur chorégraphie et que les vidéastes règlent leurs effets. J'échangerai jamais de place avec personne. 


Deuxième grosse journée de boulot. Techniquement on installe tout aujourd'hui. Réglages, angles d'éclairages, choix des gélat' pour les projecteurs, balances, implantation, bref ce genre de chose. Mine de rien ça nous a pris la journée complète mais le résultat est à la hauteur des attentes. ça va swinguer. Du coup vu qu'on a bien bossé la veille, la troisième matinée c'est congé. Dès le réveil c'est plein soleil, ni une ni deux on sort les boules de pétanque et c'est parti! Bon la première c'est ce soir, faudrait pas l'oublier… 


Première! Dernières modifications, dernier coup de balai et c'est parti. Les personnages s'incarnent, l'histoire se construit, les anecdotes imaginaires s'invitent et viennent compléter un scénario-squelette. Le public arrive, des sourires s'échangent rapidement. Ils sont venu chercher quelque chose. Quoi ils ne savent pas encore, ils ne savent peut-être même pas qu'ils sont venu chercher quelque chose. Mais ce qu'ils sont venus chercher est au rendez-vous. Nous leur avons concocté souvenirs et aventures, rires et émotions. La machine est en route et ne s'enrayera pas jusqu'à la fin de la récolte, quand nous aurons tout donné et que nous, aussi bien qu'eux, aurons tout reçu.

Mais toute première est perfectible évidemment. Après plusieurs heures de jeu, débriefing obligatoire. On remet de l'huile et on resserre les boulons où il faut, on donne du mou à la courroie, bref on fait quelques réglages. La deuxième sera normalement encore plus rayonnante que ce soir. Mine de rien c'est tout un art de créer in situ pour seulement 2 représentations uniques. Ça peut être presque frustrant car on peut toujours mieux faire, on aimerait le jouer 4-5 fois pour atteindre ce que tous et chacun avons en tête… Néanmoins l'éphémère rend ces moments encore plus précieux.


Bon, comme prévu la deuxième était très bien, fluide, les enchainements coulaient de source. Il faut dire qu'il y avait plus de monde et les différents petits réglages que nous avons effectués furent très justement choisis. Ça donne vraiment envie d'en faire une troisième mais c'est comme ça. Une parenthèse, une page artistique se tourne. On ne rejouera plus ça. Douceur de l'éphémère. Du coup hop le démontage commence dans la foulée, de nuit. On est plusieurs donc ça roule bien. Par contre c'est bataille rangée avec les insectes hypnotisés par les lumières des quartz que nous laissons pour y voir. Et quelle chaleur.  Nous ne nous attendions pas, en partant pour la Normandie, à ce qu'il fasse aussi beau et chaud, mais humide en même temps.  Les affaires sont trempées après seulement quelques heures dehors en soirée. 

Pour "redescendre" de toute cette folie, de cette pression et de ce stress, pour souffler puis un peu aussi pour fêter notre réussite d'une certaine façon, nous décidons de nous balader dans le château et son parc de nuit, sans lampes, dans la calme de la nature. Moment de partage silencieux dans le noir le plus complet, assis dans une clairière à observer les étoiles et à l'affut du moindre bruit, chouette, craquements de branches. Un beau moment de partage, un vrai petit bonheur de la vie!


Vu la connexion internet misérable dont je dispose maintenant, j'ai fait l'impasse sur une belle série de photos, je corrigerai dès que possible

la Cie Songes (presque) au grand complet vous salue bien bas!




jeudi 28 février 2013

Vis ma vie en tournée 1.3


Didjap ça commence bien ! Il neige ! Sur la Côte d'Azur ! Vite, regarder la météo. Bien bien, le Var et les alpes de Haute-Provence sont en vigileance orange verglas et neige. On annonce 10cm de poudreuse à partir de 300m. Je vais aller m'acheter des chaînes, mon expérience d'il y a quelques semaines dans les Vosges m'a suffit.

Quelle folie ! Il y a tellement de bouchons que j'écris depuis ma voiture, à l'arrêt sur l'A51. Je viens d'apprendre à la radio qu'en fait c'est la journée du « grand chassé-croisé » comme ils disent. En gros c'est le début des vacances pour la zone B et la fin pour la zone A. Et tout le monde adore le ski évidemment pour bien faire chier. Et pour qu'on rigole encore plus Dame Nature a cru bon d'envoyer de la neige et des averses verglacées sur le trajet qu'il nous faut emprunter. Je vous raconte pas le bordel. Franchement une des journée les plus longue de ma vie au volant. Jugez plutôt. 264km à parcourir, une vitesse moyenne de 33km/h pour une durée totale du trajet de 7h55' (!!!). Avec s'il-vous-plaît une pointe de vitesse à 124km/h. L'horreur vous dis-je. En passant remercions mon GPS pour ses statistiques époustouflantes. Du coup montage en vitesse, un peu de stress. Mais finalement à l'heure pour la représentation, c'est ça être professionnel, haha!

Le lendemain, day-off. C'est en se réveillant que nous découvrons le paysage qui nous entoure. Nous sommes au bord du lac de Serre-Ponçon, entourés par les premières montagnes du parc naturel des Ecrins aux sommets enneigés. Superbes perspectives, c'est vraiment beau ! Petit-déj avec vue panoramique, miam ! Le couple d’hôteliers qui nous accueille sont des Belges, flamands et fort sympatiques ! Ils se sont installés ici il y a trois ans. Il y en a qui ont flairé le bon filon ! Pourquoi pas, dans quelques années peut-être... ? Au menu de la journée grande ballade au bord du lac, tentative de conquête de la chapelle St Michel située sur une petite presqu’île au premier abord accessible. C'est un échec. On s'enfonce dans la vase et on glisse, j'en perds mes gants et on est crottés comme gorets. Pas grave, on en prend plein la vue. Plein soleil malgré des températures négatives accentuées par le vent des montagnes, mais plein soleil quand même. Ensuite repos, restaurant local... Dur dur les jours de congés en tournée !

Les deux dernières dates de la tournée se sont super bien passée. Très bon accueil à chaque endroit où nous sommes passés. Nous avons découvert la petite ville de Barcelonnette et son histoire étonnante faite de colporteurs audacieux et un brin tarés qui sont partis faire fortune dans les début 1800 au Mexique et qui petit à petit sont devenus ultra-riches. L'architecture des grandes bâtisses de la vieille ville le prouve ! Le lendemain nous découvrons Monetier-les-bains dans le domaine de Serre-Chevalier. Superbe. Petit village qui allie thermalisme et sports de glisse, ça donne envie d'y passer 15 jours ! Dernière représentation en apothéose, public présent en nombre et très participatif, très très chouette comme dernière date ! Nou splions directement le matos pour rentrer sur Valence, 2h30 de route environ. La moitié dans la montagne, de nuit. Et par chance c'est nuit de pleine lune. Images sublimes lors des passages de cols. Ciel étoilé et montagnes enneigées, presque irréel. Bref une tournée qui se termine très bien, Enfin presque. Le lendemain une triste nouvelle tombe. Stephane Hessel nous a quitté...








1. c'est pas des blagues!
2. depuis la chambre d'hôtel...
3. vue sur la chapelle St Michel
4. au boulot!
5. le lac de Serre-Ponçon depuis le col de Pontis
6. les thermes de Monetier...

samedi 23 février 2013

Vis ma vie en tournée 1.2

Nous avons décidé de rejoindre Théoule s/Mer via la route nationale, corniche surplombant la Méditerranée plutôt que d'emprunter l'autoroute pour les 70km nous séparant de notre deuxième lieu de représentation. Dans le plus pur style d'Epicure nous avons donc décidé de prendre notre temps et de ravir nos yeux de paysages à couper le souffle. Et, mis à part la traversée de Monaco et ses tonnes de beton vulgaire nous n'avons pas été déçu !! Alternance de mer, montagne, soleil, contreforts du Mercantour, routes appelant à la conduite à moto...

Midi, petit restaurant à Mandelieu-La Napoule, sur le port près duquel nous avons également notre hôtel, proche de Cannes. Divin. Du poisson frais, un sancerre... Ensuite direction Théoule où nous jouons. Hier la directrice du centre de Menton nous as prévenu, on joue dans un château. Ouais ouais, c'est ça, on le croira quand on le verra. Ok bon, scène surréaliste, nous voilà au parlophone du château de Théoule (qui ne se visite pas) ! « Heu bonjour, on vient jouer un spectacle chez vous ce soir ». On en revient pas, c'est vraiment un château, du 16ème d'accord, mais fortifié, lourd portail, cour intérieure et jardins garnis de palmiers, yuccas et autres plantes exotiques, tourelles et meurtrières, le tout donnant sur une jetée donc la couleur cannelle contraste avec l'azur des flots. Ha, on va jouer du Shakespeare dans un château au pied d'une cheminée gargantuesque ! Génial !!

Le trajet du lendemain nous fait parcourir des criques entourées de pins parasols énormes et le lacet de bitume nous porte jusqu'à St Tropez où nous nous arrêtons pour le midi, sur le vieux port. Il fait un peu frais mais nous nous installons en terrasse. Hé une bouffe en terrasse dans le port de St Tropez en plein mois de février ça a de la gueule quand même ! On se plaît à s'imaginer capitaine d'un des nombreux yacht amarré. Moi je prendrais bien celui là tiens... ha non j'aime mieux la coque bleu marine, à moins d'opter pour ce trois-mâts ? Puis on joue à compter les nationalités des gens qui nous entourent. Allemand, anglais, hollandais, russe, scandinave. Sans oublier de flâner dans les entrelacs des ruelles de la vieille ville couleur crème et pastel. Et tomber au hasard de cette déambulation sur la gendarmerie, sur les traces d'un certain Louis. Trève de bavardage, en route mauvaise troupe ! A force de rêveries on finirait presque par être en retard ! Check-in à l'hôtel (agréable surprise, un trois étoiles en bord de mer) puis direction la presqu'ile de Giens, ses salins et ses flamands roses pour une représentation devant un public... peu nombreux mais interpellé par le spectacle qui suscite des réactions parfois choquées. C'est tant mieux, le théâtre n'est-il pas là pour bousculer les codes établis ? Echanges, explications, discussions et un public qui repartira au final ravis tout comme nous, amusés et comblés par les rires spontanés et impertinents d'un petit garçon qui a vraiment passé un bon moment !

Bon toute bonne chose a une fin. Après plusieurs jours de soleil généreux comme de par hasard aujourd'hui il pleut ! C'est quand même con, être dans un hôtel vachement bien au bord de la Méditerrannée avec tout le confort qu'on peut imaginer pour que la pluie vienne assombrir le séjour... Bah il y a pire tout de même dans la vie. Puis on est encore en hiver que je sache ! C'est donc tout à fait normal. Enfin pour moi. Il pleut plus qu'à son tour chez nous en Belgique, j'ai l'habitude. Mais vous devriez voir la tronche des petits vieux venus sur la Côté d'Azur pour se dorer la pilule et profiter d'une retraite (bien) méritée. C'est presque une catastrophe. Ils vont être obligé de ressortir le scrabble dans un des salons de l'hôtel et partager des sablés accompagnés d'une eau chaude avec une rondelle de citron. Redevenir vieux quoi. Alors qu'un simple rayon leur réchauffant la peau leur confère prime jeunesse et enthousiasme. On lit le journal, les plus téméraires initient leurs congénères au grand mystère de l'Internet et de l'ordinateur. Une vraie pension savoyarde. Il manque la neige et les montagnes quoi. Du coup nous on se repose un peu, on traine et ça fait du bien. Enfin il faudra quand même qu'on se mette à la recherche d'un restaurant pour midi... pas toujours évident !

Six Fours-les-Plages. Je sais pas vous mais moi j'admire le talent qu'ont les français pour nommer leurs patelins. Il y a franchement des perles. Celui-ci en fait partie. Clin d'oeil ) mes amis helvètes de la Chaux-de-Fonds, un jumelage culturel entre la Plage des Six Pompes et Six Fours les Plages ça pourrait être drôle non ? Enfin mis à part le nom rigolo de la localité et le fait que c'est au bord de la mer, franchement c'est moche. Du béton partout et des zonings avec des énormes centres commerciaux, vraiment pas top. La seule chose qui rattrpe un peu c'est la vue sur l'île de Gaou et son chateau médiéval qui se découpe parfaitement dans l'horizon. Sinon on joue, accueil très bof bof, genre « ok voilà la salle de spectacle, on se voit au début de la pièce. Fermez bien derrière vous en sortant hein ! ». Cela peut aussi ressembler à ça aussi de jouer chaque soir dans des lieux différents, inconnus. Heureusement peu de dates sont de cet acabit ! Conclusion, jusqu'à présent c'est le soir le moins bien de la tournée. Dans le patelin le moins beau. C'est comme ça, ça arrive.

Demain direction l'hiver, le vrai. Trois dates en montagne pour finir la tournée en beauté !









1. l'hôtel à Mandelieu... des airs de magrheb
2. le château de Théoule
3. sur les traces de Cruchau!
4. instant magique en bord de Méditerranée
5. coucher de soleil à Six Fours les Plages
6. ready for the show!

mercredi 20 février 2013

Vis ma vie en tournée 1.1


Dimanche soir, 22h30. Je sais maintenant où je dois retrouver Stéphane demain. Rendez-vous est pris pour 15h à la gare de Toulon. C'est parti pour une dizaine de jours de tournée sur la Côte d'Azur.

Trajet sans encombre. A mon arrivée à Toulon je reçois un message. « Salut Antoine. Je suis à la brasserie Maître Kanter à côté de la gare. A+ » Timing parfait, le temps de trouver où me garer et je franchis la porte coulissante automatique de la brasserie Maitre Kanter. Stéphane est là, il tient son bureau de campagne dans le fond de l'établissement et termine une aquarelle dans son carnet de voyage. Premiers échanges, premiers calembours, premiers rires, ça va bien se passer.

Nous nous mettons en route et faisons les 200km qui séparent Toulon de Menton, première date de la tournée. Et bon sang il fait magnifique. Soleil, ciel bleu, paysages évoquant tantôt le lyrisme de Pagnol, tantôt un canyon du Nouveau Mexique, des pins en veux-tu en voilà, le bleu de la mer en arrière plan... Arrivés à Menton, surprise, c'est la fête du citron ! Nous apprenons au même instant que le citron de Menton est particulier, unique presque et est très réputé dans la haute gastronomie française. Même que les cours tsarine et victorienne se pressèrent pour les citrons de Menton à une époque pas si éloignée, fin du 19ème, hébergés dans l'imposant palais d'Orient. Ville qu'apprécia également Jean Cocteau, tant et si bien que plusieurs collections de ses oeuvres sont regroupées dans deux musées. Digressions et esclaffades sur une de ses oeuvres rebaptisée par nos soins « j'ai collé des cailloux ensemble ».

Fête du citron donc. A cette occasion le jardin public de la ville est transformé pour un mois en sorte de concentration de reproductions en oranges et citrons autour d'un thème différent chaque année. Et 2013 mets à l'honneur le fameux « Tour du monde en 80 jours » de Jules Vernes, normal c'est la 80ème édition de cette fête de l'agrume. Ce qui nous permet une visite classico-kitsch de ces jardins (à 10 balles l'entrée, pour pas oublier qu'on est à quelques kilomètre de Monaco) où se trouvent des reproductions fidèles de la statue de la liberté, de Big Ben, du Taj Mahal entre autre, le tout chapeauté par Phinéas Fog dans son ballon. C'est plus un piège à vieux touristes qu'autre chose !

Pour nous remettre de nos émotions nous déambulons au hasard de nos conversations à travers la vieille ville, entourés de palmiers et d'accents italiens, la frontière est très proche. Et nous échouons sur la plage, armés d'un solide saucisson aux herbes et d'un reste de vin rouge italien. Moments presque irréels où l'esprit voyage entre les mouettes et goélands, réchauffé par un soleil généreux. On est en février, on a du mal à le croire. La tournée commence bien. On pourrait être plus mal.

Après une dizaine de lacets serrés sur une petite route de montagne nous voilà arrivés à notre premier lieu de représentation. La bâtisse surplombe la ville de Menton et nous offre une vue panoramique entre montagne et mer. Waw ! Accueil très bien, nous montons la pièce, la lumière, le son, décors... rapide filage et puis c'est parti pour la première de la dizaine de dates et ma première de cette pièce. Tout se passe bien, chouette échange avec le public à la fin, bien. 

On plie, on remet le tout dans la camionnette puis la directrice du centre, fort sympathique d'ailleurs nous propose un dernier verre, et ô miracle de la Jupiler pression ! Accompagnés de Christian et d'Attila, des vieux de la vieille de la région, nous discutons de tout et de rien, nous écoutons ces gens de la région, nous renseignons sur le chemin de demain, nous inquiétons des spécialités locales à ne pas rater et tombons sur une conclusion magistrale à propos du carnaval de Menton, cette fameuse fête du citron c'est très « mange-chrétien » ! Celui de Nice aussi apparemment. Une vraie pompe à fric ! Les aiguilles tournent et nous rentrons à l'hotel sans manquer de reconduire Attila chez lui, à 7km de là. Il était prêt à partir à pied. Vraiment une belle et chouette personne que ce vieil Attila. Une chouette soirée aussi. 






1. orangers et citroniers
2. le royaume du kitsch au pays des agrumes
3. pause-midi!
4. vue depuis la salle de représentation

mardi 11 septembre 2012


Il s'en passe des choses. Et les choses passent vite, très, trop vite. Ça file. Ça fait peur. Le temps court et vole, comme si il voulait se rattraper, allégorie du fameux lapin d'Alice.

Des fois envie d'une page blanche. Recommencer. Commencer autrement, mieux ? Autrement. Faire en sorte que certaines choses n'arrivent pas, voir ce qu'il arriverait justement. Se poser arrêter de courir. Reprendre son souffle et étirer le temps. Et puis c'est pas possible. Donc profiter de chaque instant. Si on ne peut reculer, revenir, si il nous faut avancer alors autant le faire entièrement, pleinement, volontaire. Et vogue la galère.  

Même si... c'est pas évident tous les jours. Puis il y a des jours tous les jours ! Et encore bien car chaque jour amène son lot de surprise, et sans ça, franchement, on se ferait grave chier.



instant magique un jour de septembre, bassin d'Arcachon

mardi 28 août 2012


Et paf, ça me reprend !

Je suis pour le moment dans un endroit qui m'a donné envie de prendre la plume. Allez savoir pourquoi. L'atmosphère de cet endroit, les montagnes, le fait d'être entouré de nature, cette alchimie entre le vert enivrant des alpages, le gris impalpable de la pierre et ces apparitions çà et là de chalets en bois... puis j'ai de la matière. J'ai de quoi écrire. Certains événements récents m'ont donné envie de coucher sur le papier mes impressions. Non pas dans un but de partage en tant que tel, mais plus dans une idée d'expugnation. On va dire que c'est la goutte qui a fait déborder le vase de ma soif d'écrire.

Bon je ne sais plus où je vous ai laissé la dernière fois, je ne sais même plus quand c'était. Et pour tout vous dire je m'en fous. Toujours est-il que la vie en Drôme est toujours aussi ensoleillée et palpitante sur le plan professionnel. Ces mois d'été m'on fait apprécier les 35° presque quotidiens de la région. Un mois de juin et de juillet sur les chapeaux de roues, les tournées avec la compagnie Songes s'enchaînent à un rythme assez soutenu. Ce qui n'est pas pour me déplaire puisque j'en profite pour faire des rencontres et remplir un carnet d'adresse qui s'étoffe de semaines en semaines. Du réseautage quoi. Mais pas que. Des expériences, j'apprends encore et toujours. Je suis d'ailleurs certain que je ne m'arrêterai jamais d'apprendre. De peur de devenir fade, flasque et vide. 

Un mois d'août ultra-rempli. 3 jours sur 31 à Valence. C'est dire. Tout d'abord 15 jours en Suisse, à la Chaux-de-Fonds, ville frontalière avec le Doubs, pas loin de Neuchâtel, où une poignée d'irréductible tarés organisent depuis bientôt 20 ans un festival d'arts de rue exceptionnel, j'ai nommé La Plage des 6 Pompes ! Tiens, beaucoup de chiffres dans ce début de paragraphe... on va continuer donc. Festival où j'ai intégré l'équipe technique. 18 joyeux drilles et drillettes maniant aussi bien le colson (les meilleurs sont les colsons de chez Colson & Sons') que le transpalette, le layer que le par 64, le calembour que la chansonnette. Equipe internationale puisqu'elle regroupa des suisses (bien entendu), des français et un gros con de belge, moi. Cette équipe c'est aussi des vrais pros qui se complètent parfaitement et abattent un boulot de dingue sous des airs (authentiques) de franche camaraderie. Mais également (parlons chiffres) 20l d'absinthe pure en 7 jours, 13 fûts de bière, des centaines de shooters, une quantité astronomique de capsules de café et des dizaines d'heures de fou-rires. Puis surtout, et le plus important de tout, des personnes vraies.


Le mois d'août c'est aussi un coup de fil. Un seul. Le pire depuis de nombreuses années. Le 12 août exactement. En plein démontage de festival. « Elle a fait une connerie ». Voix étranglée par l'émotion. Mains moites. Brouillard tout autour. Brouillon tout autour. Perdu, désorienté, un oiseau qui erre sans tête. Triste point final à 31 années de vie que cette surdose de médicaments. Larmes, coeur brisé, et une question qui tourne en boucle, pourquoi ? Des années d'amitié, de respect mutuel, de coups de mains, d'entraide, de rires et de sourires, de complicité. « Un jour je t'expliquerai ». M'expliquer quoi ? Quand ? Questions pour toujours sans réponse... Je n'écouterai plus jamais certaines chansons de la même manière, sans penser à toi. Je me plais à m'imaginer que tu nous fais un clin d'oeil lorsque je vois une étoile filante et à chaque orage je me dis qu'il y en a un qui t'a manqué de respect là où tu es et que tu lui fais passer un mauvais quart d'heure car « il n'a que ce qu'il mérite céss' ! ». Je me console en me disant que tu as enfin trouvé ce que tu cherchais depuis si longtemps.

Bon je crois que ça c'était la partie expugnation. Pour ce qui est des projets, ça roule pas mal. Déménagement en vue. Dans quelques jours en fait. Toujours à Valence mais dans une collocation à 4, proche de la gare. Réduction du loyer et activité sociale plus active en vue ! Miam ! Ensuite encore des tournées, en Espagne du côté de Burgos notamment. Visites familiales également. Ha oui, pour les intéressés (manifestez-vous!) la compagnie Songes (et donc moi-même) seront à Luxembourg-ville le dernier w-e d'octobre avec le spectacle Lettres d'Amour aux Fleurs et au Vent. Si vous voulez voir ce magnifique entresort et son magnifique technicien, vous n'avez aucune excuse, le luxo c'est comme qui dirait la porte à côté ! On se fera des poutous et on boira des bières. Puis en plus de ça l'essence est pas chère. Bref viendez !!

Allez je vous laisse sur cette auto-promotion non désintéressée et vous embrasse tous bien fort. Enfin j'ai aussi un apéro-pro offert par le Conseil Général de Haute-Savoie qui commence dans pas long, héhé.


"C'est un rêveur de minuscule qui récoltait juste de l'incroyable" - Babine





1. Moi, tous les matins depuis quelques jours, quand je me lève, je vois ça.
2. Illustration du quotidien.
3. Ne sous-estimez jamais la puissance de la lumière!
4. En Suisse les techniciens ils font des raclettes comme ça.

5. Pour toi Céline, à jamais.